Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



Les poètes

 

Voici un petit film virtuel du légendaire poète français Charles Baudelaire 1821-1867 dans lequel nous pouvons l’entendre réciter son poème «Obsession».Image de prévisualisation YouTube

Obsession

Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales;
Vous hurlez comme l’orgue; et dans nos coeurs maudits,
Chambres d’éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.
Je te hais, Océan! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui; ce rire amer
De l’homme vaincu, plein de sanglots et d’insultes,
Je l’entends dans le rire énorme de la mer
Comme tu me plairais, ô nuit! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu!
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu!
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.
Dans le même ordre d’idées, voici un court vidéo virtuel du grand poète Victor Hugo 1802-1885, dans lequel nous pouvons entendre son poème «Demain, dès l’aube…» Image de prévisualisation YouTube

Demain, dès l’aube…
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

«Ophélie»  un poème du légendaire poète français Arthur Rimbaud 1854-1891 écrit lorsqu’il avait seulement 15 ans dans le but d’être publié dans  Le Parnasse contemporain qui était alors une importante source de l’orientation poétique à l’époque. Image de prévisualisation YouTube

 Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles,
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
− On entend dans les bois lointains des hallalis…
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses longs voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.


Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile.
− Un chant mystérieux tombe des astres d’or.



O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
− C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté !
C’est qu’un souffle inconnu, fouettant ta chevelure,
À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton cœur écoutait la voix de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits !
C’est que la voix des mers, comme un immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou s’assit, muet, à tes genoux !


Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu.
Tes grandes visions étranglaient ta parole :
− Un Infini terrible effara ton œil bleu !



− Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Pas de Commentaires à “Les poètes”

  ( Fil RSS pour ces commentaires)

Laisser un commentaire


Patrick Krémer |
jdvl |
Inspiration sans Nom |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | une prof pour ses élèves
| Les Fables de Chabreh
| impressionsexpressions